Après des études de philosophie puis de cinéma à la Faculté de Lettres et Sciences Humaines et à l’IDHEC de Paris en 1965, respectivement, le réalisateur Tangérois Moumen Smihi se lance dans le cinéma comme assistant pour la télévision Française puis dans une carrière solo avec son tout premier court-métrage « Si Moh Pas de Chance » pour lequel il reçoit le Grand Prix court-métrage du 3ème Festival International d’Expression Française de Dinard en 71, ainsi que son tout premier long-métrage « El Chergui ».

Moumen Smihi s’est donc, peu à peu, forgé un nom, des plus nobles, dans le socle du cinéma Marocain avec ses sept longs métrages ainsi que la plupart de ses courts-métrages ; parmi ses longs-métrages, l’on peut citer : Les Récits de la Nuit en 1981, La Dame du Caire en 1991, Avec Matisse à Tanger en 1993, Les Hirondelles en 2008 et Tanjaoui en 2013, parmi tant d’autres.

Ses récits décrivent ainsi, à travers une écriture empreinte de fiction et de pure réalité, une société Arabe et Marocaine tendant certes vers la modernité mais étant, toutefois, encore sous le joug de son passé.

Dans une interview par Roland Carrée, dans la revue dédiée au cinéma « Répliques », le réalisateur Tangérois narre ceci : « J’ai fréquenté à Tanger un lycée franco-marocain bilingue. L’année de la classe de philo que j’ai essayé de filmer dans Tanjaoui a été déterminante. J’avais des profs français qui étaient des progressistes, tout ce qu’ils disaient sur la culture française me fascinait : Les lumières, l’engagement sartrien, l’amour libre, les 350 fromages de l’Hexagone….Ce qui est intéressant à mentionner, c’est que les profs d’arabe étaient également fascinés par la culture française, car ils rentraient du Caire où ils avaient été les élèves de Taha Hussein… ».

 

Référence : Répliques N°9 , interview de Moumen Smihi par Roland Carrée