Ravagé par la guerre civile et l’intervention de coalitions internationales, le Yémen vit, depuis plus de deux ans, une crise humanitaire sans précédent ; accrue, de plus et depuis quelques mois, par la propagation de l’épidémie du choléra.

Plusieurs pays Arabes et Occidentaux soutiennent depuis plus de deux ans l’Arabie Saoudite dans sa dite intervention pro-gouvernementale contre les Houthis ; des rebelles Yéménites Chiites activement engagés contre le gouvernement de la République du Yémen, et cela avec la participation de l’Iran et de l’ancien président Ali Abdallah Saleh, qui ne semble pas vouloir tenir ses antérieures promesses mais qui semble avoir gardé des centaines de fidèles dans l’armée Yéménite. Seulement, ces dites interventions sont impliquées dans une destruction massive des infrastructures du pays et la mort de milliers de civils, dont des enfants et des femmes notamment ; faisant ainsi fi de la légalité du processus d’intervention et des articles de la convention de Genève et de ses additifs.

Frappés par des conditions sanitaires et humanitaires infamantes, les Yéménites payent, à eux seuls semble-t-il – et sans que le conflit ne décroisse -, le prix fort de cette guerre dont les réels buts s’avèrent de plus en plus ambigus et incertains ; c’est ainsi que les plus importantes infrastructures du pays ont été détruites, laissant les civils sans eau, sans nourriture, sans protection, sans toit au-dessus de leur tête et sans aide humanitaire bloquée par les différents acteurs impliqués.

D’une part, la coalition menée par l’Arabie Saoudite qui « a attaqué illégalement des maisons, des marchés, des hôpitaux, des écoles, des commerces civils et des mosquées », d’après Human Rights Watch qui a aussi « fait état de 61 frappes aériennes apparemment illégales menées par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, dont certaines pourraient s’apparenter à des crimes de guerre » ; de plus, ajoute HRW : « ni les États-Unis ni le Royaume-Uni n’ont suspendu leurs ventes d’armes à l’Arabie saoudite en dépit des preuves croissantes de leur utilisation dans le conflit et de l’incapacité de la coalition à enquêter de manière crédible sur les violations présumées ». D’autre part, les Houthis et leurs alliés qui, toujours d’après Human Rights Watch, « ont mené une campagne de détentions arbitraires et de disparitions forcées contre des personnes perçues comme des opposants », « ont lancé des roquettes d’artillerie lors d’attaques aveugles dans le sud-est de l’Arabie saoudite et au Yémen » et « posé des mines antipersonnel interdites qui ont tué et blessé des dizaines de civils ».

Le pays croule sous les décombres, les attaques armées, la pénurie des services de soin et de santé, et l’insuffisance de denrées alimentaires basiques ; importées principalement de l’étranger et faisant face à un blocus du port d’Hodeïda depuis l’intensification des combats. « Environ 17 millions de personnes souffrent de la faim et le sort des enfants est plus que préoccupant » et « Un enfant de moins de 5 ans meurt au Yémen toutes les dix minutes de causes évitables », d’après les propos du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres rapportés par le quotidien Le Monde.

Pire encore, et depuis quelques mois, le choléra a fait émergence, et s’est rapidement développé, sur les terres Yéménites en raison de la destruction des réseaux d’eau potable et des infrastructures sanitaires par les raids aériens ; laissant la bactérie Vibrio Cholerae des matières fécales se propager et contaminer l’eau et les aliments consommés par les civils dans 22 des 23 gouvernorats du pays. D’après un rapport de la World Health Organization publié le 14 Aout 2017, le nombre de cas contaminés a atteint 500.000 et plus de 2000 personnes sont mortes suite à la prolifération de cette bactérie ; de plus, environ 5000 personnes sont contaminées chaque jour, toujours d’après la WHO.